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Les membres du collectif "Actions Tibet Vérité"

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Commémoration du 10 mars 1959

EN 2008

3 avril 2008
Lettre de M. Cohen à M. Jean-Claude Lin

Mairie de Toulouse
Lundi 7 avril 2008
Compte-rendu (extrait) analytique officiel
de la séance de l'Assemblée Nationale
Mercredi 9 avril 2008
Poésie pour le Tibet
Poème de Thérèse
Jeudi 10 avril 2008
Textes adoptés par le Parlement à Bruxelles
sur la situation au Tibet
La charte olympique (extrait)Compte-rendu de l'audition de M. Kelsang Gyaltsen à l'Assemblée Nationale, le 1er octobre 2008
Liste des morts suite aux évènements de mars 2008Le traité de Mongolie

EN 2009

Des Tibétains condamnés à mort
Comme nous avons pu empêcher l’éxécution de Tenzin Delek Rinpotche il y a quelques années, mobilisons-nous pour empêcher la plus terrible des répressions s’abattre sur ces Tibétains

Ghostnet : une vague d'espionnage informatique
Version anglaise

Torture au Tibet (vidéo sur youtube)
Torture au Tibet (à télécharger)

Un entretien avec Bernard Debord, réalisateur du documentaire "Tibet, le mensonge chinois?" sur le site LEXPRESS.fr

La Chine peut facilement satisfaire le Tibet
It's not hard for China to satisfy Tibet
Un article de Thoubtèn Jimpa (le principal traducteur du Dalaï Lama publié le 10 mars 2009 dans le Wall Street Journal

Mercredi 11 mars 2009
Question au gouvernement de M. Philippe Folliot
: Compte rendu intégral de la première séance (à l'Assemblée nationale).

Mémorandum pour une véritable autonomie du peuple tibétain : Les propositions de l'administration centrale tibétaine présentée au cours du 8ème cycle de négociations avec les autorités chinoises.

Contre la journée de l'émancipation des serfs en Chine, envoyer une carte au secrétaire du Comité du Parti Régional Autonome du Tibet.

Tibet ; le temps presse
Un texte du Bureau du Tibet.

Mardi 9 juin 2009 à Paris :

Discours de M. Badinter publié dans Bouddhisme Actualités de juillet 2009

Le Dalaï Lama rencontre des parlementaires à Paris (compte-rendu)

Mercredi 10 juin 2009 : Philippe Folliot, député du Tarn, rencontre le Dalaï Lama à Paris

Les Tibétains en exil manifestent leur solidarité avec les Ouïghours en révolte

 

EN 2010

Le Tibet survivra-t-il ?
Entretien avec Sa Sainteté le Dalaï Lama et Chen Yang

Tibet, le temps presse.
Un communiqué du Bureau du Tibet

Message de Sa Sainteté le Dalaï Lama
à l'occasion du 51ème anniversaire du soulèvement national tibétain

Parrainage de villes et villages tibétains

 Communiqué de M. Jean-Louis Halioua, Maire de Salles-sur-Garonne.  
 Communiqué de M. Tashi Wangdi, représentant de Sa Sainteté le Dalaï Lama en France et en Europe.  
 Communiqué de M. Robet Thurman, Président de la Tibet House à New-York.  



En 2011

Message du Dalaï Lama le 10 mars 2011

Discours de M. Kèlsang Gyaltsèn au Parlement Européen, Bruxelles, le 16 mars 2011

Message du Dalaï Lama du 15 avril 2011 (monastère de Kirti)

Résolution du Parlement européen le jeudi 7 avril 2011

Pour la première fois, une cour de justice reconnaît officiellement le Tibet en tant qu'état occupé : 21 avril 2011

 

 

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 Assemblée nationale

Compte rendu analytique officiel
Séance du lundi 7 avril 2008
1ère séance
Séance de 16 heures
133ème séance de la session
Présidence de M. Marc Le Fur, Vice-Président

La séance est ouverte à seize heures.

PASSAGE DE LA FLAMME OLYMPIQUE
M. le Président – Mes chers collègues, tous les groupes m’ont fait part de leur souhait de voir nos travaux s’interrompre à l’occasion du passage de la flamme olympique devant le Palais-Bourbon. Il va de soi que je ferai droit à cette demande le moment venu, en suspendant la séance le temps nécessaire.

M. Jean-Marc Ayrault – Monsieur le président, vous satisfaites ainsi, au nom de l’Assemblée tout entière, une demande que le groupe SRC vous avait adressée par mon intermédiaire ; je vous en félicite. Je regrette toutefois que M. le président de l'Assemblée nationale ait refusé de faire hisser les couleurs du Tibet sur le Palais-Bourbon, au motif que notre Règlement ne le permettrait pas, alors même qu’il avait accepté, d’accord avec nous tous, d’y installer le portrait d’Ingrid Betancourt.

En ces lieux historiques, symboliques de la défense des droits de l’homme, où nombre de nos concitoyens viennent admirer un magnifique tableau représentant Mirabeau lors des États généraux, prêt à affronter la force des baïonnettes pour permettre la constitution de l'Assemblée nationale, il est de notre devoir de témoigner notre solidarité au peuple tibétain et aux Chinois muselés. Il ne s’agit ni de rompre avec la Chine, ni de stigmatiser ce grand pays qui souhaite se développer et s’ouvrir, mais bien de réaffirmer, à l’approche du soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, les principes et les valeurs que la République française a hérités des révolutionnaires de 1789.

De ce point de vue, la suspension de séance est un symbole modeste, mais nécessaire, de notre volonté de poursuivre le combat indivisible en faveur de la liberté et des droits de l’homme (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC et sur quelques bancs du groupe UMP).

M. Jean-Pierre Brard – Nous nous réjouissons également de cette décision, qui nous permettra de prendre part à l’événement que constitue le passage de la flamme. Les droits de l’homme sont indivisibles, et notre pays, qui a donné naissance à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, doit se montrer exemplaire en les défendant partout où ils sont bafoués, sans exception – au Tibet, mais aussi en Tchétchénie ou en Irak…

Mme Françoise Hostalier – À Cuba, au Vietnam…

M. Jean-Pierre Brard – J’espère du reste qu’en accueillant hier la flamme olympique, M. Gordon Brown a eu une pensée pour les Irakiens abattus par les troupes d’occupation, notamment britanniques…

C’est donc au nom de l’esprit olympique hérité de l’Antiquité – où il était synonyme de trêve – et du baron de Coubertin que nous devrons saluer le passage de la flamme, sans oublier les droits de ceux qui campent sur les quais de Seine dans la misère et le dénuement. Car, en magnifiant le sport, l’idéal olympique exalte aussi les vertus humaines, dont aucune ne saurait être oubliée (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR).

M. Philippe Folliot – Monsieur le président, au nom du groupe Nouveau centre et du groupe d’études sur le Tibet, dont je suis vice-président, je salue les propos qui viennent d’être tenus et je me félicite de votre décision, approuvée par tous les groupes, de suspendre la séance lors du passage de la flamme. Ainsi pourrons-nous, par-delà nos divergences, saluer ce symbole de paix, de pureté et de fraternité olympique entre les jeunes sportifs du monde entier.

Étant donné le sort réservé aux droits de l’homme en Chine, le comité international olympique s’exposait à un risque en choisissant d’organiser les Jeux à Pékin. De fait, la Chine a manqué à ses promesses d’ouverture, de libéralisation et de respect des minorités – notamment tibétaine –, enfreignant la lettre et l’esprit de la charte olympique. Comme démocrates, comme Français, comme membres de la représentation nationale, nous nous devons de rappeler le gouvernement chinois à ses engagements. Voilà pourquoi, à l’occasion d’un événement qui aurait dû être festif, fraternel et populaire, mais que caractérise hélas un déploiement inédit des forces de l’ordre, nous nous réunirons devant le Palais-Bourbon pour réaffirmer notre attachement à ces principes universels, fondateurs de notre République, de la liberté et de la démocratie (Applaudissements sur divers bancs).

Mme Chantal Brunel – Monsieur le président, nous vous remercions de votre décision de suspendre la séance, qui permettra à plusieurs députés du groupe UMP de se réunir devant l'Assemblée nationale autour de M. Luca, président du groupe d’amitié France-Tibet. Nous tenons tous à ce que les droits de l’homme soient respectés au Tibet et nous espérons que ce combat se poursuivra après les Jeux olympiques (« Tout à fait ! » et applaudissements sur les bancs du groupe UMP).

M. le Président – Je suis heureux que chaque groupe salue cette initiative. Installer un drapeau tibétain sur le fronton de l’Assemblée, comme l’a demandé M. Ayrault, est contraire à nos règles habituelles. Quant au mur d’images, c’est un problème de délai qui se pose. En revanche, le président compte saisir le Bureau, lors de sa prochaine réunion, d’une réflexion sur l’utilisation du frontispice à de telles fins.

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 Poésie pour le Tibet


Tant qu'il y aura des Hommes, tant qu'il y aura des êtres,
Puissent-ils vivre en paix et trouver le bonheur,
Et s'il reste un foyer qu'accable le malheur,
Puisse l'espoir renaître !

Je n'ai qu'un seul désir, un souhait universel,
Je veux revoir la paix inonder notre Terre,
Assez de noirs nuages ont obscurci le ciel
Ô cruelle misère !

Les douleurs apparaissent, pareilles à l'éclair,
Elles frappent brusquement leurs victimes d'un jour
Mais personne ne reste accablé pour toujours
Ô tristesse éphémère !

Il est une patrie, il est un si beau peuple.
Autrefois bienheureux, tellement religieux,
Qui à présent, hélàls, aidera ce doux peuple,
Peuple si lumineux ?

Un frère attentionné laisserait-il sa soeur
Mourir de froid, mourir de faim, se faire tuer ?
Ceux que nous appelons pays civilisés,
N'ont-ils donc point de cœur ?

Assez de catastrophes ont submergé le monde,
Assez de durs conflits ont séparé les Hommes,
Mais n'entendez-vous point cette rumeur qui gronde ?
Justice elle se nomme !

La mer est formée de milliers de gouttes d'eau,
Ainsi chaque personne dont la voix retentit
Se fond dans l'océan qui peu à peu grandit,
Ah, cela est si beau !

Quels sont donc nos soucis, quels sont donc nos chagrins,
Alors que tellement de vies sont menacées ?
Ainsi nous qui nous sommes aujourd'hui rassemblés,
Aidons les Tibétains !

Puisse enfin la lumière les illuminer tous,
Et que la paix enfin revienne sur leur terre,
Puisse la haine toujours leur rester étrangère,
Nous les aiderons tous !

Merci à tous ceux qui défendent cette cause,
Merci à tous ceux qui sont ici à présent,
La fleur de nos efforts sera bientôt éclose,
Merci infiniment !

Thérèse, 17 ans.

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Textes adoptés par le Parlement
Jeudi 10 avril 2008 - Bruxelles
Edition provisoire

La situation au Tibet


P6_TA-PROV(2008)0119
B6-0133, 0134, 0135, 0136, 0137 et 0138/2008

Résolution du Parlement européen du 10 avril 2008 sur le Tibet

Le Parlement européen ,

— vu ses résolutions précédentes sur la Chine et sur le Tibet, et notamment:


a) celle du 15 février 2007 sur le dialogue entre le gouvernement chinois et les envoyés du Dalaï Lama(1) ,
b) celle du 13 décembre 2007 sur les relations UE-Chine et sur le dialogue UE-Chine concernant les droits de l'homme(2) ,
c) celle du 7 septembre 2006 sur les relations UE-Chine(3) ,
d) celle du 6 septembre 2007 sur le fonctionnement des dialogues et des consultations sur les droits de l'homme avec les pays tiers(4) ,

— vu l'article 103, paragraphe 4, de son règlement,

A. considérant que le 49e anniversaire du soulèvement national tibétain contre le pouvoir chinois a donné lieu à des manifestations de grande ampleur de moines, de religieuses et de simples citoyens tibétains contre la répression chinoise,

B. considérant que selon les autorités chinoises, vingt personnes auraient perdu la vie et que selon d'autres sources, plus de 140 Tibétains seraient morts au cours de ces affrontements et des dizaines d'autres auraient été arrêtés,

C. considérant que le gouvernement chinois a déclaré l'état d'urgence, que les magasins et les temples ont été fermés à Lhassa, ainsi que dans d'autres villes, et que des policiers en armes et des militaires ont convergé par centaines du reste de la Chine vers le Tibet,

D. considérant que Sa Sainteté le Dalaï Lama a qualifié de "génocide culturel" cette réaction disproportionnée de la Chine et a exhorté les Tibétains à "pratiquer la non-violence et à ne pas s'écarter de cette voie, quelle que soit la gravité de la situation"(5) ; qu'il ne réclame pas l'indépendance du Tibet mais une voie médiane permettant une autonomie culturelle et politique véritable ainsi que la liberté religieuse, préconisant ainsi une approche que soutient le Parlement européen,

E. considérant qu'une solution durable ne peut être atteinte que par des moyens pacifiques et un dialogue sincère,

F. considérant qu'à l'exception d'un voyage officiel organisé pour la presse internationale par le gouvernement chinois, les médias internationaux se sont vu refuser l'accès à la région du Tibet pour couvrir les événements, et que tous les journalistes ont été expulsés; que ce voyage était étroitement contrôlé et que les journalistes participants n'ont pas été autorisés à entrer librement en contact avec la population tibétaine,

G. considérant que le gouvernement chinois semble bloquer l'accès aux sites internet étrangers sur le territoire de la Chine et censurer les émissions de télévision étrangères sur la situation au Tibet,

H. convaincu que l'organisation des Jeux olympiques à Pékin représente une occasion extraordinaire pour la Chine de s'ouvrir au monde et, inversement, et de démontrer qu'elle est en mesure de tenir ses promesses quant à la promotion des droits fondamentaux, pour l'ensemble de la population chinoise,

I. considérant que le dialogue UE-Chine sur les droits de l'homme, initié en 2000, n'a pas produit les résultats escomptés,

1. condamne fermement la répression brutale exercée par les forces de sécurité chinoises contre les manifestants tibétains et tous les actes de violence, quelle qu'en soit l'origine, qui ont eu lieu dans les rues de Lhassa et ailleurs au Tibet et exprime ses sincères condoléances aux familles des victimes;

2. demande au gouvernement chinois que soient garantis des soins médicaux appropriés pour les Tibétains blessés et une assistance juridique pour ceux qui ont été arrêtés; appelle les autorités à fournir des informations relatives aux personnes détenues, à traiter celles-ci conformément au droit international en matière de droits de l'homme et à ne recourir à la torture en aucune circonstance; demande la libération immédiate de tous ceux qui ont manifesté pacifiquement et qui, en cela, n'ont fait qu'exercer leur droit légitime à la liberté d'expression;

3. dénonce le traitement souvent discriminatoire envers les minorités ethniques chinoises qui n'appartiennent pas au groupe han; invite la Chine à respecter ses engagements en matière de droits de l'homme et des minorités ainsi que d'État de droit; la prie instamment de ne pas exploiter la tenue des Jeux olympiques de 2008 de façon abusive en arrêtant des dissidents, des journalistes et des militants des droits de l'homme dans le but d'empêcher des manifestations et des reportages considérés comme gênants par les autorités; réclame, dans ce contexte, la libération immédiate de Hu Jia, éminent activiste des droits de l'homme qui a été condamné à trois ans et demi de prison pour subversion;

4. demande qu'une enquête ouverte et indépendante sur les émeutes et la répression survenues récemment au Tibet soit conduite sous les auspices des Nations unies; demande aux autorités chinoises d'adresser une invitation permanente à se rendre au Tibet au haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme et à d'autres organes des Nations unies;

5. salue l'attitude de Sa Sainteté le Dalaï Lama, qui a appelé la population tibétaine à protester de façon non violente et qui a rejeté les appels à l'indépendance du Tibet en proposant la voie médiane permettant une autonomie culturelle et politique véritable ainsi que la liberté religieuse; réaffirme son attachement à l'intégrité territoriale de la Chine;

6. demande aux autorités chinoises d'ouvrir le Tibet aux médias et aux diplomates, en particulier à des représentants de l'Union; demande instamment aux autorités chinoises de mettre immédiatement fin à la censure et au blocage des sites web d'informations situés à l'étranger; demande la libération de l'ensemble des journalistes, des internautes et des cyberdissidents emprisonnés en Chine pour avoir exercé leur droit à l'information;

7. est préoccupé par la marginalisation économique croissante de la population tibétaine au Tibet, qui doit faire face à l'arrivée d'un nombre croissant de travailleurs chinois migrants qui viennent au Tibet et qui prennent les emplois et les terres des Tibétains; souligne la discrimination criante existant au sein du système éducatif, qui enseigne leur langue maternelle aux enfants tibétains comme une seconde langue;

8. demande à la Chine de respecter les engagements publics qu'elle a elle-même pris en ce qui concerne les droits de l'homme et des minorités, la démocratie et l'État de droit et dont le Comité international olympique (CIO) a fait part lorsqu'il a décidé d'autoriser ce pays à organiser les Jeux;

9. invite instamment la Chine à ratifier sans retard et en tout cas avant les Jeux olympiques la Convention internationale sur les droits civils et politiques (Nations unies, 1966); invite Pékin à établir un moratoire sur la peine de mort comme le demande la résolution 62/149 du 18 décembre 2007 de l'Assemblée générale des Nations unies concernant un moratoire sur la peine de mort;

10. regrette que les six sessions de pourparlers entre les autorités chinoises et Sa Sainteté le Dalaï Lama n'aient pu aboutir et demande l'ouverture sans conditions préalables d'un dialogue constructif en vue de parvenir à un accord politique global comprenant une solution viable pour l'autonomie culturelle et politique du Tibet, la liberté religieuse et le respect des droits de la minorité tibétaine dans les autres provinces chinoises;

11. demande au Conseil, et en particulier à la Présidence, de suivre avec attention les événements, de veiller à la cohésion d'une position commune de l'Union européenne et de veiller à l'application des décisions prises à la suite de cette position, et estime que les représentants diplomatique de l'Union à Pékin devraient prendre l'initiative de visiter la région afin de faire rapport au Conseil sur la situation actuelle;

12. à cet égard, invite une nouvelle fois le Conseil à nommer un envoyé spécial pour les question tibétaines chargé de favoriser le dialogue entre les parties et de suivre attentivement les négociations, une fois qu'elles auront repris;

13. approuve la déclaration de Sa Sainteté le Dalaï Lama selon laquelle les Jeux olympiques offrent une grande possibilité de liberté pour l'ensemble de la population chinoise;

14. demande à la Présidence en exercice de l'Union de s'efforcer de dégager une position européenne commune en ce qui concerne la présence des chefs d'État et de gouvernement et du haut représentant de l'Union européenne à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, avec la possibilité de ne pas participer à cette cérémonie au cas où le dialogue ne reprendrait pas entre les autorités chinoises et Sa Sainteté le Dalaï Lama;

15. prie instamment la République populaire de Chine de ne plus contrôler, ni juger les athlètes olympiques du point de vue de leurs opinions politiques et de ne plus menacer de les exclure des Jeux olympiques pour le cas où ils s'écarteraient de la position officielle du gouvernement chinois;

16. attend avec intérêt la visite au Parlement européen de Sa Sainteté le Dalaï Lama, qui viendra s'exprimer en séance plénière à la fin de 2008 et demande à sa Conférence des présidents d'examiner la possibilité d'avancer la date de cette visite;

17. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres, aux gouvernements et aux parlements des pays candidats, au Président et au Premier ministre de la République populaire de Chine, au Président du Congrès national du peuple chinois, au Comité international olympique et à Sa Sainteté le Dalaï Lama.

(1) JO C 287 E du 29.11.2007, p. 554.

(2) Textes adoptés de cette date, P6_TA(2007) 0622.

(3) JO C 305 E du 14.12.2006, p. 219.

(4) Textes adoptés de cette date, P6_TA(2007)0381.

(5) Déclaration publiée le 6 avril 2008.

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 CHARTE OLYMPIQUE

Etat le 11 septembre 2000, comprenant les amendements approuvés par la 111ème Session du CIO.

Principes fondamentaux

1. L'Olympisme moderne a été conçu par Pierre de Coubertin, à l'initiative de qui s'est réuni, en juin 1894, le Congrès International Athlétique de Paris. Le 23 juin 1894, s'est constitué le Comité International Olympique (CIO). En août 1994 s'est tenu à Paris le XIIe Congrès, le Congrès Olympique du Centenaire, qui a été intitulé Congrès de l'Unité.

2. L'Olympisme est une philosophie de la vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l'esprit. Alliant le sport à la culture et à l'éducation, l'Olympisme se veut créateur d'un style de vie fondé sur la joie dans l'effort, la valeur éducative du bon exemple et le respect des principes éthiques fondamentaux universels.

3. Le but de l'Olympisme est de mettre partout le sport au service du développement harmonieux de l'homme, en vue d'encourager l'établissement d'une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine. A cet effet, le Mouvement Olympique mène seul ou en coopération avec d'autres organisations et dans la limite de ses moyens, des actions en faveur de la paix.

4. De l'Olympisme moderne est issu le Mouvement Olympique dirigé par le CIO.

5. Le Mouvement Olympique groupe sous l'autorité suprême du CIO les organisations, athlètes et autres personnes qui acceptent d'être guidés par la Charte Olympique. Le critère de l'appartenance au Mouvement Olympique est la reconnaissance par le CIO. L'organisation et la gestion du sport doivent être contrôlées par les organismes sportifs indépendants reconnus comme tels.

6. Le Mouvement Olympique a pour but de contribuer à bâtir un monde pacifique et meilleur en éduquant la jeunesse par le moyen du sport pratiqué sans discrimination d'aucune sorte et dans l'esprit Olympique qui exige la compréhension mutuelle, l'esprit d'amitié, la solidarité et le fair-play.

7. L'activité du Mouvement Olympique, symbolisée par cinq anneaux entrelacés, est universelle et permanente. Elle se déploie sur les cinq continents. Elle atteint son point culminant lors du rassemblement des athlètes du monde au grand festival du sport que sont les Jeux Olympiques.

8. La pratique du sport est un droit de l'homme. Tout individu doit avoir la possibilité de pratiquer le sport selon ses besoins.

9. La Charte Olympique est la codification des Principes fondamentaux, des Règles et des Textes d'application adoptés par le CIO. Elle régit l'organisation et le fonctionnement du Mouvement Olympique et fixe les conditions de la célébration des Jeux Olympiques.

Le Mouvement Olympique

Autorité suprême

1. Le CIO est l'autorité suprême du Mouvement Olympique.
2. Toute personne ou organisation appartenant à un titre quelconque au Mouvement Olympique est soumise aux dispositions de la Charte Olympique et doit se conformer aux décisions du CIO.

Rôle du CIO

Le rôle du CIO est de diriger la promotion de l'Olympisme en accord avec la Charte Olympique.

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 Un dialogue entre la Chine et le dalaï-lama doit être
la condition de la participation des pays aux JO

LEMONDE.FR | 11.04.08 | 13h39 • Mis à jour le 11.04.08 | 18h18


Marie-Claire : Bonjour (et tachi délé). Selon vos informations, quel a été le facteur déclenchant des émeutes de Lhassa ? Confirmez-vous la version officielle chinoise selon laquelle des moines tibétains auraient agressé des commerçants chinois ?
Matthieu Ricard : Il y a plusieurs raisons : la proximité des JO, qui a fait penser aux gens que c'était une chance unique de faire entendre leur voix au monde, car après, il n'y a aucun moyen de pression. D'autre part, beaucoup de Tibétains ont perdu leur travail à la suite de l'afflux d'immigrants chinois, à cause du train. C'est l'accentuation de la sédentarisation forcée des nomades, l'intensification de la rééducation patriotique dans les monastères. Tout cela a augmenté le mécontentement et déclenché les émeutes.
Le premier aspect, ce sont des laïques qui ont été rejoints par quelques moines et qui se sont promenés avec un drapeau tibétain dans Lhassa le 10 mars au matin. Ensuite, les manifestations se sont accentuées jusqu'au 14. Ce sont de jeunes Tibétains qui ont mis le feu à des boutiques, il y a eu cinq ou six morts parmi les Chinois. Cela s'est passé dans le quartier central de Lhassa.
Bien qu'il y ait eu 10 000 policiers, ils ne sont pas intervenus le 14, et on soupçonne que c'était pour laisser la situation s'envenimer et justifier leur répression. Mais le 14 dans l'après-midi, dans des quartiers périphériques de Lhassa, le quartier de Drapchi et Karma Gonsar, loin des témoins occidentaux, la police a tiré à balles réelles et il y a eu 67
morts ce jour-là. En tout, à ce jour, nous avons les noms de 192 morts tibétains et 2 300 arrestations confirmées de personnes qui maintenant ont disparu.


Jopaselu : Quelle est la position exacte du gouvernement tibétain en exil sur l'indépendance ou l'autonomie du Tibet, mais aussi sur le boycott de la cérémonie d'ouverture des JO (et non le boycott des Jeux) ?
Matthieu Ricard : Le dalaï-lama a dit d'innombrables fois que quel que soit le passé, même si le Tibet, du point de vue du droit international, est une nation occupée, du fait que le Tibet a été coupé de la mer et peu développé, on pouvait voir un aspect positif des choses à ne plus demander l'indépendance. Et comme Deng Xiao Ping l'a dit, mis à part l'indépendance, tout pouvait être discuté avec le dalaï-lama. Sur cette base, celui-ci a dit : renonçons à l'indépendance
et discutons d'une autonomie dans laquelle les Tibétains pourraient gérer leurs affaires intérieures (éducation, culture, religion), et laisseraient au gouvernement central les affaires extérieures et la défense. L'étape suivante serait que le Tibet soit une zone de paix entre les grandes puissances de l'Asie.
Le dalaï-lama a toujours dit qu'il fallait un engagement positif avec la Chine, qu'il n'était pas en faveur du boycott, qu'il fallait s'ouvrir à la Chine en espérant qu'elle allait se libéraliser.
Cela dit, il a dit qu'on ne pouvait pas reprocher aux gens de manifester leur indignation devant la tragédie qui, de nouveau, a affecté le Tibet, mais que lui ne demandait pas le boycott. Ce qui semble plus constructif, ce serait de dire : oui, nous participerons aux Jeux et à l'ouverture, à condition que vous entamiez un dialogue avec le dalaï-lama avant les Jeux.


Barbie : Que pensez-vous des derniers événements sur le parcours de la flamme olympique ?
Matthieu Ricard : Il a dit qu'on ne pouvait pas reprocher aux gens de manifester leur indignation devant la répression qui a lieu au Tibet. Je pense que vu le très peu de moyens que l'on a de faire pression sur la Chine, elle ferait ce qu'elle veut si l'on ne manifestait pas. C'est un moyen d'accentuer la pression sur la Chine, pour lui montrer qu'elle ne peut pas s'en tirer comme ça avec tous ces massacres.


Kimphan3 : Le dalaï-lama va-t-il rencontrer le président Sarkozy ?
Matthieu Ricard : On ne sait pas encore.

Cathy : Française, en Chine depuis vingt-deux ans, à Pékin depuis six ans, je vis très librement dans cette ville. Les JO, ici, nous les attendons avec beaucoup d'enthousiasme, résidents étrangers et locaux. Alors oui, les Tibétains ont certainement des problèmes dans leur pays qu'est la Chine, mais l'occasion est trop belle d'empêcher de se dérouler à Pékin une fête attendue des Chinois, qui le méritent grandement. Pourquoi maintenant ? Les droits de l'homme, c'est d'abord de donner aux hommes le droit de vivre décemment.
Matthieu Ricard : J'ai sous les yeux un témoignage de deux dissidents chinois qui viennent d'être arrêtés, qui fait état de tout ce qui s'est passé derrière le rideau pour la préparation des Jeux. Il fait état de plus d'un million de personnes déplacées, de quarante-trois types de personnes qui ne sont pas autorisées à participer aux Jeux.
Exemple : quelqu'un qui devait participer aux Jeux pour personnes handicapées a été disqualifié parce qu'il avait perdu ses jambes à Tiananmen. Il y a eu de très nombreuses violences contre des gens qui refusaient de quitter leur maison. Et un journaliste, Xu Zerong, a été condamné à treize ans de prison pour avoir divulgué certaines de ces informations.
J'ai sous les yeux un document de cinq pages qui détaille toutes les violences, tous les abus organisés pour que cette parade des JO puisse se faire. Il y a un coût humain considérable et qui n'est pas digne de ce que représenterait l'idéal olympique.
Finalement, l'argument pour donner les JO à la Chine, c'était que ça allait l'aider dans son mouvement d'ouverture vers le monde, et non pas simplement flatter un sentiment nationaliste. Mais malheureusement, dans cette obsession de contrôler 100 % de la situation, cela a donné lieu à ces répressions au Tibet.


François M : Que répondez-vous sur le fond aux critiques d'un Jean-Louis Mélenchon, par exemple, qui souligne l'absence de tout projet démocratique dans l'autonomisation culturelle revendiquée du Tibet ?
Matthieu Ricard : Il faudrait qu'il s'informe un peu. Le dalaï-lama a imposé le système démocratique dans le gouvernement en exil. Il a limogé son cabinet il y a quelques années et dit qu'il fallait des élections. Il y a un Parlement élu, un premier ministre tibétain en exil.
Il a dit maintes fois que si le Tibet recouvrait sa liberté, ce serait un gouvernement laïque, démocratique, avec séparation complète de la religion et de l'Etat. Et que dans un tel système, lui ne pourrait avoir aucun rôle politique ni appartenir à aucun parti, que le vieux Tibet avait bien sûr des aspects féodaux, qu'évidemment s'il avait été un pays libre, il se serait modernisé et démocratisé, et qu'il n'y a pas un seul Tibétain qui songerait maintenant à revenir en arrière.
Le dalaï-lama prône principalement ce qu'il appelle l'éthique séculière : promouvoir les valeurs humaines. Il a toujours déconseillé aux Occidentaux de se convertir au bouddhisme. Il préfère promouvoir les valeurs humaines. Un des seuls livres qu'il a vraiment écrits lui-même s'appelle Ethique pour le prochain millénaire, c'est un livre d'éthique laïque.
Donc l'engouement pour le dalaï-lama, à mon sens, est justement pour quelqu'un qui est la voix pour la tolérance et l'ouverture aux autres formes de pensée.


Laurent : Y a-t-il des contacts non officiels entre le dalaï-lama et des responsables chinois ?
Matthieu Ricard : Il y a eu sept rencontres semi-officielles entre eux depuis cinq ans, qui n'ont strictement rien apporté, aucun bénéfice pour le Tibet. Ce qui semble indiquer que les Chinois n'ont pas la moindre intention de modifier la façon dont ils traitent les Tibétains et la façon dont ils s'adressent au dalaï-lama.


Jean-Louis P. : Ne pensez-vous pas que les Chinois, dans leur grande majorité, ont l'impression qu'on cherche à les humilier et à gâcher une fête sportive qu'ils ont durement préparée ?
Matthieu Ricard : C'est exact, mais c'est principalement dû à la façon dont sont présentées les informations dans les médias chinois, où l'on donne l'impression que le soulèvement qui se produit encore en ce moment dans toutes les régions du Tibet serait en réalité le fait de quelques voyous tibétains qui auraient des pensées racistes à l'encontre des Chinois. Alors que c'est en fait un acte de désespoir à la suite de cinquante ans d'oppression qui ne se relâche pas, et dont la nature est complètement inconnue du peuple chinois.
Du fait qu'il y a un contrôle des médias qui n'existe pratiquement nulle part ailleurs dans le monde, ce que confirment tous les correspondants de presse qui vivent en Chine.


Tabacoyron : Tashi Delek, Matthieu Ricard ! Ne faut-il pas craindre une répression accrue de la part des Chinois sitôt les Jeux et les projecteurs du monde entier passés ?
Matthieu Ricard : Oui, c'est possible. D'ailleurs, maintenant déjà, les deux cents Tibétains qui sont morts savaient très bien à quoi ils s'exposaient, mais ils ont décidé de prendre ces risques graves pour attirer l'attention du monde, en espérant que quelque chose de positif pourrait suivre dans l'établissement d'un dialogue ou un progrès vers la résolution du conflit. C'est un choix qu'ils ont fait en connaissant les conséquences très graves auxquelles ils s'exposaient. C'est pour cela qu'il faut d'autant plus soutenir leur combat.


Franck : Ne serait-il pas temps que les grands de ce monde acceptent de recevoir officiellement le dalaï-lama au regard de la situation actuelle de l'homme au Tibet ou dans certains provinces de la Chine ?
Matthieu Ricard : On commence à le faire. Le président Bush, Angela Merkel, Gordon Brown vont le recevoir. Le chancelier autrichien l'a reçu.


Kim : D'où vient l'argent du dalaï-lama ?
Matthieu Ricard : Il n'y en a pas beaucoup, pour commencer. Un ministre du gouvernement en exil doit gagner 300 euros par mois, 30 % du budget du gouvernement sont consacrés à l'éducation. Cela vient de contributions des réfugiés tibétains hors du Tibet – ils sont 150 000 – et de dons qui sont faits non pas au dalaï-lama personnellement, parce qu'il n'en accepte pas, mais au gouvernement en exil, aux écoles, etc.


Nicolas : Comment résoudre le problème de la succession du dalaï-lama, tout en gardant une légitimité vis-à-vis des Tibétains, de la communauté internationale et du gouvernement central chinois ?
Matthieu Ricard : Le dalaï-lama a toujours dit que si les institutions devaient être maintenues, cela dépendait uniquement des souhaits du peuple tibétain. Donc, selon leurs souhaits, l'institution pourrait continuer ou pas, et se poursuivre de la même manière ou d'une nouvelle manière.
La nouvelle manière pourrait être l'élection d'un dalaï-lama, un peu comme le pape, ou qu'il soit désigné de son vivant.
Mais il a clairement dit que si l'on suivait le système traditionnel, ce qu'on appelle le mécanisme de réincarnation – ce qui signifie que c'est lui qui serait chargé du processus –, il ne se réincarnerait pas dans un Tibet occupé. Cela n'aurait pas de sens.

Adélaïde : Pourriez-vous lui succéder ?
Matthieu Ricard : C'est la plus grosse blague que j'aie jamais entendue.


Scoubidou : Que peut-on faire concrètement pour soutenir le Tibet ? L'action non violente prônée par le dalaï-lama ?
Matthieu Ricard : Ce qui a été fait jusqu'à maintenant : faire valoir nos sentiments au public, auprès de nos députés, qui relaient au gouvernement. Et je crois que le peuple français s'est beaucoup manifesté, ce qui a joué un grand rôle dans la mobilisation des forces gouvernementales.

Boney : Comment ouvrir les yeux du peuple chinois sur cette situation au Tibet ?
Matthieu Ricard : Malheureusement, il faudrait qu'il y ait un minimum d'accès à l'information, ce qui n'est absolument pas le cas en Chine. D'autre part, le peuple n'est pas motivé à essayer de savoir. Il écoute ce qu'on lui dit. Tant qu'il n'y aura pas une libéralisation de l'information, cela ne risque pas de changer.
Cela dit, il y a des intellectuels chinois qui sont beaucoup plus ouverts et qui ont une attitude tout à fait positive vis-à-vis du Tibet. Il y a aussi de très nombreux bouddhistes chinois qui voyagent maintenant au Tibet et établissent des liens personnels avec des bouddhistes tibétains.

Changchub : A-t-on des nouvelles du panchen-lama ? (le panchen-lama est le second personnage de la hiérarchie du bouddhisme tibétain)
Matthieu Ricard : Aucune. On ne sait pas s'il est en vie. Je rappelle que c'est un autre personnage très important au Tibet. Sa réincarnation a été reconnue il y a une douzaine d'années. Il avait 7 ans, il a été immédiatement arrêté ainsi que sa famille, emmené en Chine. Et depuis, aucune nouvelle. Les Chinois disent qu'il va bien, mais on n'a aucun moyen de le vérifier.


Berget_daniel : Existe-t-il des partis ou mouvements politiques non religieux au Tibet ?
Matthieu Ricard : Au Tibet, il n'y a pas de parti politique, comme il n'y en a pas en Chine, à part le Parti communiste. Et dans l'exil, il y a un système démocratique, et il y a cinquante députés de diverses tendances qui ont été élus pour constituer cette assemblée en exil, qui est purement laïque.


senosenjack : Ne pensez-vous pas que les émeutes sont organisées pour déstabiliser la Chine, qui devient trop puissante pour des pays comme les Etats-Unis, la Russie, l'Europe, l'Inde, etc. Je me pose la question...
Matthieu Ricard : Ça n'a aucun sens. Connaissant bien le Tibet, peuplé de paysans et de nomades, leur non-connaissance des langues étrangères et leur manque de communication avec le monde, il est clair que ces soulèvements ont été des manifestations spontanées, d'exaspération devant l'oppression.
Et qu'il n'a été besoin de personne pour l'organiser, pas même du dalaï-lama, et encore moins d'une quelconque puissance étrangère, qui n'a aucune présence et aucun moyen de pénétration dans ces régions reculées.


benjamin : Que pensez-vous des actions de Reporters sans frontières ?
Matthieu Ricard : Je pense qu'il est nécessaire en ce moment d'utiliser tous les moyens possibles et raisonnables pour maintenir la pression sur la Chine, notamment afin qu'un dialogue s'ouvre avec le dalaï-lama avant les Jeux. Et en particulier en ce qui concerne les manquements aux droits de l'homme qui ont lieu en Chine.
Merci de vous sentir concernés par cela. C'est la première fois depuis la loi martiale de 1989 que le monde s'émeut autant de ce qui se passe au Tibet, et espérons que ces Tibétains ne seront pas morts en vain et qu'un progrès constructif pourra s'ensuivre, principalement l'ouverture d'un dialogue avec le dalaï-lama. De sorte qu'à la fois le sort des Tibétains soit enfin amélioré, et que le peuple chinois lui-même trouve sa satisfaction dans des Jeux qui se dérouleraient à peu près normalement.
Quant au gouvernement chinois lui-même, on n'a pas beaucoup de compliments à lui faire. Tout ce qu'on peut lui souhaiter, c'est qu'il s'ouvre finalement à un monde de tolérance et de dialogue. Mais pour cela, il a beaucoup de chemin à parcourir.

Constance Baudry

zôh-
TIBET - LE TEMPS PRESSE !

Le Tibet est, historiquement, un pays indépendant depuis l'an 127 avant J.C. Surnommé "le Toit du Monde", sa situation géographique l'a longtemps tenu à l'écart des affaires du monde. En 1949/50, la Chine, en lançant contre le Tibet son Armée populaire de Libération, a enclenché un processus d'assimilation au communisme de cette ancienne civilisation. L'invasion, puis l'occupation du Tibet, constituent des actes d'agression perpétrés en violation du Droit international. L'ONU a adopté trois résolutions sur le Tibet en 1959, 1961 et 1965, dénonçant la privation des droits fondamentaux et des libertés fondamentales du peuple tibétain, et notamment de son droit à l'autodétermination. Mais, à ce jour, ces textes sont restés lettre morte.

Découpage administratif arbitraire : Le Tibet historique est constitué de trois provinces : l'U-Tsang, le Kham et l'Amdo, représentant ensemble une superficie de 3,8 millions de km2. Mais, aujourd'hui, la superficie du Tibet a été réduite de moitié : en 1955, l'Amdo est rebaptisé Qinghaï et une partie importante du Kham est intégrée aux provinces chinoises voisines du Gansu, du Sichuan et du Yunnan. En septembre 1965, ce qui restait du Tibet, soit l'U-Tsang et une petite partie du Kham, recevait des autorités chinoises le nom de " Région Autonome du Tibet ". Désormais, lorsque la Chine parle du Tibet, c'est à cette seule région qu'elle fait référence. Et, aujourd'hui, elle accuse le Dalaï Lama de réclamer le " Grand Tibet " ou un quart de superficie du territoire chinois.

Transferts de populations : Une enquête menée par l'Administration en exil a révélé que, de 1951 à 1978, plus de 1,2 million de Tibétains ont péri du fait de l'occupation chinoise. De plus, le transfert des populations Han au Tibet menace l'existence même de la nation tibétaine. En 2001, la Chine a lancé un projet de développement de l'Ouest comprenant la construction d'une voie ferroviaire de Golmud (en tibétain : Gormo) à Lhassa, aujourd'hui ouverte. Tous ces projets visent à accentuer le déséquilibre démographique et à marginaliser davantage le peuple tibétain. Actuellement, on compte au Tibet 5,5 millions de Tibétains pour plus de 7,5 millions de Chinois. Mais les autorités de Pékin, dont on connaît la fiabilité des statistiques, ne fournit les chiffres des populations d'ethnie tibétaine que de la " Région autonome du Tibet ".

Emprisonnements politiques : Toute activité politique, même pacifique, est considérée comme le plus grave des crimes ; elle est sanctionnée par des peines allant jusqu'à l'emprisonnement à vie, voire par la peine de mort. Au 31/12/2008, on dénombrait 190 prisonniers politiques au Tibet (chiffre fourni par : www.tchrd.org). Leurs crimes : détenir une photo du Dalaï-Lama, brandir le drapeau tibétain et crier "Tibet libre" lors de manifestations, coller des affiches, traduire et répandre le texte de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ou parler de la situation des Droits de l'Homme avec des étrangers. Parmi les prisonniers figure Tenzin Delek Rinpotché, un dignitaire religieux de 54 ans arrêté en avril 2002 pour "conspiration ayant causé une série d'explosions" et condamné à la perpétuité, ainsi que le Panchen-Lama, détenu en un lieu secret depuis sa reconnaissance à l'âge de 5 ans, en 1995. En mars 2008, la répression armée chinoise contre les manifestants civils qui a fait 220 morts, 1294 blessés, et 5600 arrestations, 290 condamnations, 1000 disparitions chez les Tibétains, a démontré une fois de plus un déni total de liberté. Sans le dire, la loi martiale reste en vigueur et tout le territoire tibétain est fermé aux voyageurs ou journalistes indépendants.

Destruction d'une culture : Avant son invasion, le Tibet comptait 6 000 monastères et monuments historiques. En 1979, à l'exception de 13 d'entre eux, tous étaient en ruines. Depuis 1979, les Tibétains sont autorisés à reconstruire certains monastères. Cependant l'étude et la transmission du bouddhisme y sont sévèrement contrôlées. De plus, le nombre de moines que chaque monastère peut accueillir est limité. En 1996, la Chine a lancé la campagne de "rééducation patriotique" dans les monastères et couvents au Tibet. De 1996 à 2001, 20 000 religieux ont été chassés de leurs monastères. En 2001, les autorités chinoises ont expulsé 6000 religieux tibétains après avoir détruit leur monastère (Serthar). La politique démographique et culturelle mise en place par les autorités au Tibet visant à terme à assimiler le peuple tibétain constitue un "génocide culturel".

Environnement dévasté : Avant l'invasion, le Tibet était couvert de très anciennes forêts représentant 221 000 km2. La politique systématique de déboisement conduite par la Chine en a réduit la superficie à un peu plus de 130 000 km2. Avec ses 35 000 km2 de lacs, le Tibet est le principal réservoir d'eau de l'Asie et c'est au Tibet que ses plus grands fleuves prennent source. Les inondations qui ont ravagé la Chine lors de l'été 1998 n'ont fait que confirmer les préoccupations exprimées par les Tibétains de longue date. Le déboisement anarchique en amont du fleuve Yangtsé (Dritchou en tibétain) sur le plateau du Tibet a été considéré comme la principale cause de ces inondations. Officiellement, 94 des 160 minéraux connus au monde sont présents et exploités au Tibet. La Chine utilise le plateau du Tibet pour y fabriquer des armes atomiques, stocker des déchets nucléaires et y stationner ses ogives nucléaires.

Education et soins médicaux : Au moins 50 % des Tibétains au Tibet sont illettrés. Tout est mis en oeuvre pour les dissuader d'étudier leur langue. Dans les zones rurales, les écoles n'existent pas ou n'en ont que le nom. De même, les tâches administratives ne se font qu'en chinois. A l'inverse, dans la communauté en exil, plus de 92 % des enfants et des jeunes sont scolarisés et apprennent la langue tibétaine. Chaque année, environ 2000 Tibétains quittent clandestinement le Tibet, pour la plupart à la recherche d'une meilleure éducation scolaire ou monastique en exil. En 2007, 2338 Tibétains ont ainsi fui leur pays. La fusillade contre des réfugiés par l'armée chinoise à la frontière tibéto-népalaise au col de Nangpa La le 30/9/2006 a rappelé de manière cruelle les périls encourus par ces candidats à l'exil.

L'accès aux soins médicaux coûte très cher. Pékin se vante d'assurer la gratuité des soins au Tibet, mais ceux qui ne peuvent pas acquitter la provision (800 à 1000 Yuan), soit la majorité d'entre eux, ne sont pas soignés, quel que soit leur état. Même si quelques villes sont équipées, les zones rurales connaissent une grande pénurie en matériel médical et en personnel.

Lutte pacifique : Dès son arrivée en Inde en avril 1959, le Dalaï-Lama a reconstitué une administration qui fonctionne selon les principes modernes de la démocratie. En 1960, une Charte constitutionnelle fut promulguée par le Parlement en exil dont la dimension démocratique a été élargie en 1991. L'administration prend en charge les réfugiés et concentre ses efforts sur l'éducation des enfants. Elle aide aussi le peuple tibétain dans sa lutte pacifique pour recouvrer la liberté. Le gouvernement en exil cherche à résoudre le problème tibétain par des négociations directes avec Pékin. Le peuple tibétain n'accepte pas le statut actuel du Tibet sous l'autorité de la République populaire de Chine. En même temps, il ne recherche pas l'indépendance, et encore moins la séparation d'avec la Chine. Il propose une solution intermédiaire entre ces deux alternatives pour créer les conditions d'une réelle autonomie pour tous les Tibétains vivant dans les trois provinces du Tibet historique et ce, dans le strict respect de la Constitution et de la Loi sur l'autonomie ethnique régionale de la Chine. Cet objectif porte le nom de politique de la Voie médiane. Position modérée et non partisane, une telle voie sauvegarderait les intérêts vitaux de toutes les parties et contribuerait à assurer : pour les Tibétains, la protection et la préservation de leur culture, de leur religion et de leur identité nationale ; pour les Chinois, la sécurité et l'intégrité nationale de la " mère Patrie " ; pour les voisins et les tierces parties, enfin, des frontières sûres et des relations internationales pacifiques.
Or malgré la reprise des contacts sino-tibétains en 2002, et à l'issue de huit rencontres successives, les autorités de Pékin ont rejeté nettement le Mémorandum sur l'autonomie réelle pour le peuple tibétain qui fixait les modalités précises de l'autonomie régionale souhaitée par les Tibétains. Contrairement à ce que disent les dirigeants chinois, le Dalaï-Lama n'a pas l'ambition douteuse de restaurer un régime dépassé et ancien. Ne nous détournons pas de la réalité de la situation du peuple tibétain. La question du Tibet ne se résume pas à celle de la personne du Dalaï Lama : il s'agit du devenir du peuple tibétain. Malgré l'immense légitimité conférée par l'histoire et le destin de son peuple, le Dalaï-Lama a déclaré publiquement qu'il n'assumerait aucune position officielle dans un Tibet libre afin de faciliter l'instauration et le développement d'une démocratie saine. Il appelle de ses voeux pour un Tibet laïque, démocratique et respectueux de la Constitution de la Chine. Le bien-fondé de la position du Dalaï-Lama est reconnu internationalement et lui a valu le Prix Nobel de la Paix en 1989.
Pour le peuple tibétain, le problème tibétain n'a rien à voir avec des débats idéologiques obscurs, ni avec une lutte pour le pouvoir. Il s'agit du sort de six millions des Tibétains dont les droits ont été confisqués de force. Le combat du peuple tibétain est celui de la vérité contre le mensonge, de la non-violence contre la violence, de la démocratie contre un régime autoritaire, de la justice contre l'injustice, et de la liberté contre la privation de liberté.
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Ce que vous pouvez faire pour le Tibet ?

Si vous souhaitez aider à sauver le Tibet et le peuple tibétain, vous pouvez :
Ecrire à vos élus locaux, nationaux et européens et aux partis politiques pour leur demander de manifester leur intérêt et leur soutien à la cause tibétaine. Il ne suffit pas d'entretenir une opinion favorable, encore faut-il l'exposer clairement pour manifester son soutien au peuple tibétain.
Demander à vos élus et à votre gouvernement de soutenir les initiatives de paix du Dalaï-Lama, ou faire des gestes concrets pour aider le peuple tibétain. Action très efficace mais très négligée !
Rejoindre une association de soutien pour le Tibet. Liste des associations disponible au Bureau du Tibet.
Parler du Tibet autour de vous afin de faire comprendre ce que vit le peuple tibétain et mobiliser l'opinion sur la nécessité d'agir.
Donner de votre temps à la cause tibétaine.
Apporter des aides techniques et financières à la communauté tibétaine.
Vous informer régulièrement sur la situation du peuple tibétain. S'informer c'est se mobiliser.
Enfin, il convient de se rappeler que les citoyens ont la capacité d'intervenir dans le politique, et pas seulement par le vote.
Bureau du Tibet : Fondé en 1992, le Bureau du Tibet, Paris, à l'instar des 12 autres bureaux dans le monde, représente Sa Sainteté le Dalaï-Lama et l'administration centrale tibétaine en exil auprès du Benelux, de la France, du Maghreb, et de la péninsule ibérique. Il travaille en étroite collaboration avec le Bureau à Bruxelles, accréditée auprès de l'Union Européenne. Le Bureau veille aux intérêts tibétains en France et aide à une meilleure compréhension de la situation du Tibet et de son peuple. Il supervise les déplacements de Sa Sainteté le Dalaï Lama et les délégations officielles tibétaines dans l'Hexagone. En contact direct avec le gouvernement, les Parlement, les médias et les ONG, il surveille la situation sociopolitique du Tibet et fournit les informations disponibles à ceux qui en expriment le souhait. M. Tashi Wangdi, Représentant de Sa Sainteté le Dalaï Lama dirige le Bureau. Il est assisté dans ses missions par : M. Wangpo Bashi, secrétaire; et M. Jigmé Dorji, assistant. Par ailleurs, le Bureau accueille des bénévoles qui offrent leur service, soit de façon régulière ou suivant les besoins et le volume du travail.

Maison du Tibet : Interface culturelle du Bureau, la Maison du Tibet, fondée en 1991, a pour but de promouvoir la connaissance de la culture tibétaine. La Maison a un projet : s'installer dans une vraie maison à Paris où chacun puisse se rendre pour rencontrer des Tibétains, écouter des conférences, assister à des enseignements, voir des films et des vidéos, apprendre le tibétain et profiter d'une vraie bibliothèque. Depuis 2000, elle organise notamment le Festival culturel du Tibet et des Peuples de l'Himalaya à Paris en septembre durant un week-end. Site : www.tibet-info.net/festival Tél. 01 46 56 22 66
De plus, la Maison du Tibet commercialise un certain nombre d'articles : encens, produits artisanaux tibétains, DVD, cassettes-vidéo, drapeau du Tibet, etc. Catalogue réactualisé des produits en vente fourni sur demande.
Par ailleurs, vous pouvez faire des dons pour soutenir les actions du Bureau et de la Maison du Tibet
o 15 € o 30 € o 50 € o100 € o Autre montant :
Un reçu vous sera adressé pour chaque don.

Blue Book : Un certain nombre d'Occidentaux se proposent d'offrir un don pécuniaire de façon régulière au profit de l'Administration centrale Tibétaine en exil pour soutenir ses projets éducatifs, culturels et médicaux. Pour marquer leur geste de solidarité envers le peuple tibétain, ils cotisent au Livret bleu de solidarité dit "Blue Book". A cet égard, nous vous proposons ce Livret avec une note explicative trilingue sur son mode de fonctionnement. Ceux qui désirent y adhérer pourront envoyer leur chèque à l'ordre du "Bureau du Tibet" à l'adresse ci-dessous avec une photo d'identité et un mot d'accompagnement. Chaque année, vos dons à titre de Blue Book sont centralisés par le Bureau du Tibet et envoyés groupés à Dharamsala en Inde.
Actualités tibétaines : Depuis 1996, face à la demande croissante des lecteurs francophones, le Bureau du Tibet, Paris, publie le magazine trimestriel en français : Actualités tibétaines, qui s'est vite imposée comme une publication de référence sur le Tibet. Ce magazine réunit toutes les informations sur le Tibet, mais surtout diffuse des dossiers approfondis sur divers thèmes et apporte des éléments de réflexion. Le magazine est proposé par abonnement (4 numéros) :
France/UE : 20 € (simple) à partir de 30 € (de soutien)
International : 30 € (simple) à partir de 40 € (de soutien).
Nous nous proposons d'envoyer, à titre gracieux, un ancien numéro d'Actualités tibétaines à toute personne qui souhaiterait connaître notre magazine. Pour ce faire, merci de nous communiquer votre adresse postale.

Pour tous renseignements et correspondances :
BUREAU DU TIBET, 84 bd Adolphe Pinard, 75014 PARIS
Tél. : 0146565453 Fax : 0141170014 Courriel :tibetoffice@orange.fr
www.tibet.net (English, tibétain, hindi, russe, arabe..)
www.tibet-info.net (français)

 

Message de Sa Sainteté le Dalaï Lama à l’occasion du 52ème anniversaire du soulèvement national tibétain

jeudi 10 mars 2011 par Rédaction , Bureau du Tibet, Paris

 

Message de Sa Sainteté le Dalaï Lama pour le 52ème Anniversaire de la journée nationale du soulèvement tibétain
Source http://www.tibet-info.net/www/-Discours-de-Sa-Saintete-le-Dalai-.html

C’est aujourd’hui le 52ème anniversaire du soulèvement populaire et pacifique tibétain de 1959 [1] contre la répression communiste chinoise dans la capitale tibétaine, Lhassa, ainsi que le troisième anniversaire des manifestations non violentes qui ont eu lieu à travers tout le Tibet en 2008. A cette occasion, je souhaiterais rendre un hommage et prier pour tous ces hommes et femmes courageux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour la juste cause tibétaine. J’exprime ma solidarité à tous ceux qui continuent de subir la répression et je prie pour le bien-être de tous les êtres.

Depuis plus de soixante années, malgré le fait qu’ils vivent privés de liberté et dans la crainte de l’insécurité, les Tibétains ont réussi à préserver leur singulière identité et leurs valeurs culturelles. Plus important, les nouvelles générations qui se succèdent et ne connaissent pas le Tibet libre ont fait preuve de courage et de responsabilité pour faire avancer la cause tibétaine. Ceci constitue un exemple admirable de la puissante détermination du peuple tibétain.

Comme la Terre appartient à l’Humanité, la République Populaire de Chine (RPC) appartient aux 1,3 milliards de citoyens qui ont le droit de connaître la vérité quant à l’état des choses dans leur pays et dans le monde. Lorsqu’ils sont pleinement informés, les citoyens ont la capacité de distinguer le bon du mauvais. La censure et la rétention de l’information violent la décence humaine la plus élémentaire. Par exemple, les dirigeants chinois considèrent l’idéologie communiste et ses applications politiques comme correctes. Si tel était le cas, ces politiques seraient rendues publiques en toute confiance et ainsi ouvertes à la critique.

Avec la population la plus importante sur Terre, la Chine est une puissance mondiale émergente et j’admire le développement économique qu’elle est parvenue à réaliser. Elle est aussi dotée d’un potentiel colossal pour contribuer au progrès humain et à la paix mondiale. Mais pour ce faire, la Chine doit gagner le respect et la confiance de la communauté internationale. Aussi, les dirigeants chinois doivent-ils faire preuve de plus de transparence et accorder leurs actes avec leurs paroles. Pour garantir ceci, la liberté d’expression et celle de la presse sont essentielles. De même, la transparence dans la gouvernance contribuerait à contrôler la corruption. Ces dernières années, la Chine a vu un nombre croissant d’intellectuels appeler à des réformes politiques et à davantage d’ouverture. Le Premier Ministre Wen Jiabao a également exprimé son intérêt pour ces préoccupations. Ce sont là des signes éloquents et je les salue.

La RPC est un pays constitué de différentes minorités et riche d’une diversité de langues et de cultures. La protection de la langue et de la culture de chaque groupe ethnique est clairement stipulée dans la constitution chinoise. Le tibétain est la seule langue qui conserve la gamme complète des enseignements du Bouddha, comprenant des textes sur la logique et les théories de la connaissance (épistémologie) qui nous ont été transmis par l’Université indienne de Nalanda. Il s’agit d’un système de connaissances basé sur la raison et la logique, pouvant potentiellement contribuer à la paix et au bonheur de tous les êtres. Par conséquent, la politique qui amenuise cette culture au lieu de la protéger et de la laisser s’épanouir, mènera à plus long terme à la destruction du patrimoine commun de l’humanité.

Le gouvernement chinois déclare fréquemment que la stabilité et le développement du Tibet sont les bases de son bien-être à long terme. Toutefois, les autorités maintiennent des troupes importantes à travers tout le Tibet, accroissant les restrictions pesant sur les Tibétains. Ces derniers vivent constamment dans la peur et l’angoisse. Plus récemment, beaucoup d’intellectuels, de personnalités et d’écologistes tibétains ont été punis pour avoir relayé les aspirations fondamentales et légitimes des Tibétains. Ils ont été emprisonnés pour avoir prétendument "attaqué le pouvoir étatique" alors qu’ils n’ont fait qu’exprimer l’identité tibétaine et son patrimoine culturel. De telles mesures répressives minent l’unité et la stabilité. De même, en Chine, des avocats défendant les droits individuels des écrivains indépendants et des militants des Droits de l’Homme, ont été arrêtés. Je demande avec insistance aux dirigeants chinois de revoir ces faits et de relâcher immédiatement ces gens emprisonnés.

Le gouvernement chinois prétend qu’il n’y a pas de problème au Tibet autre que les privilèges et le statut personnel du Dalaï Lama. En fait, l’oppression continue envers les Tibétains a provoqué l’augmentation d’un mécontentement profond contre les politiques officielles actuelles. Des personnes d’univers très différents expriment fréquemment leur mécontentement. Le manque de confiance de la Chine envers les Tibétains ou dans leur loyauté illustre bien qu’il y a un problème au Tibet : les Tibétains vivent continuellement sous surveillance et dans le soupçon. Les visiteurs chinois et étrangers au Tibet ne font que corroborer cette triste réalité.

Par conséquent, comme à la fin des années 1970 et dans les années 1980, nous avons pu envoyer au Tibet des délégations composées de Tibétains exilés [2], nous proposons de nouvelles visites. Simultanément, nous appelons à l’envoi de représentants d’institutions internationales indépendantes, composées notamment de parlementaires. Si ceux-ci concluaient que les Tibétains du Tibet sont heureux, nous l’accepterions.

L’esprit de réalisme qui prévalait sous Mao au début des années 1950 a conduit la Chine à la signature d’un accord en 17 points avec le Tibet. Un même esprit a prévalu sous Hu Yaobang au début des années 1980. Si cette prise de conscience avait été poursuivie, le problème tibétain et plusieurs autres problèmes auraient pu être aisément résolus. Malheureusement, les visées conservatrices ont fait échouer ces politiques. Il en résulte qu’après six décennies, le problème n’a fait qu’empirer.

Le plateau tibétain est la source des principaux fleuves d’Asie. Comme il regroupe la plus forte concentration de glaciers (les deux pôles mis à part), il est perçu comme le troisième pôle. La détérioration écologique au Tibet aura des conséquences négatives sur de vastes régions d’Asie, et particulièrement sur la Chine et sur le sous-continent indien. Il faut que les autorités centrales et locales, ainsi que l’opinion chinoise, prennent conscience de la dégradation de l’environnement au Tibet et conçoivent des mesures durables pour le sauvegarder. J’appelle la Chine à prendre en compte la survie des populations concernées par les changements écologiques survenant sur le plateau tibétain.

Dans nos efforts pour résoudre le problème tibétain, nous n’avons cessé de poursuivre une approche mutuellement bénéfique, dite de la "Voie Médiane", qui prône une autonomie véritable pour les Tibétains au sein de la RPC. Lors de nos échanges avec des responsables du Front Uni du Département du Travail du gouvernement chinois, nous avons clairement expliqué les espoirs et les aspirations des Tibétains [3]. L’absence de réponse positive à nos raisonnables propositions nous pousse à nous demander si ces dernières ont bien été correctement et en totalité rapportées aux plus hautes autorités.

Tibétains et Chinois vivent en voisins depuis les temps anciens. Ce serait une erreur de laisser nos différends sans solution affecter une amitié immémoriale. Des efforts particuliers sont faits pour promouvoir de bons rapports entre Tibétains et Chinois vivant à l’étranger. Je me réjouis que ceci ait contribué à une meilleure compréhension et à une amitié partagée. Les Tibétains du Tibet doivent nourrir de bonnes relations avec nos frères et sœurs chinois.

Ces dernières semaines, nous avons été témoins de luttes remarquables, non violentes, pour la liberté et la démocratie dans divers pays d’Afrique du Nord et ailleurs. Je crois fermement à la non-violence et au pouvoir populaire et ces événements ont de nouveau montré que les actions déterminées et non violentes peuvent bel et bien mener à des changements positifs [4]. Nous devons tous espérer que ces changements encourageants mèneront à une liberté, un bonheur et une prospérité authentiques pour les populations de ces pays.

L’une des aspirations que je nourris depuis l’enfance est la réforme de la structure politique et sociale du Tibet et, pendant les quelques années au cours desquelles j’ai détenu le pouvoir effectif au Tibet, j’ai réussi à réaliser quelques changements fondamentaux. Bien que je n’aie pu poursuivre cela au Tibet, j’ai fourni tous les efforts pour continuer depuis notre exil. Aujourd’hui, dans le cadre de la Charte des Tibétains en exil, le Premier Ministre (Kalon Tripa), les dirigeants politiques et les représentants populaires sont élus directement par le peuple. Nous avons pu appliquer la démocratie en exil, observant les normes d’une société ouverte.

Dès les années 1960, je n’ai cessé de répéter que les Tibétains avaient besoin d’un dirigeant élu librement par le peuple et auquel je pourrai transmettre le pouvoir. Nous avons à présent atteint le moment de mettre ceci en pratique. Pendant la prochaine onzième session de la 14ème législature du Parlement tibétain en exil qui débutera le 14 mars, je proposerai officiellement que les amendements nécessaires soient apportés à la Charte des Tibétains en exil, illustrant ainsi ma volonté de transmettre mon pouvoir formel au dirigeant élu [5].

Comme j’ai clairement annoncé mon intention, des demandes très claires, répétées et constantes émanant de l’intérieur et en dehors du Tibet, m’ont été adressées me demandant de continuer à exercer le pouvoir politique. Ma volonté de transmettre l’autorité n’est aucunement un désir de fuir mes responsabilités. Cela doit être bénéfique aux Tibétains à long terme. Cela ne procède pas d’un découragement de ma part. Les Tibétains ont placé une telle foi et une telle confiance en moi que je suis déterminé à jouer mon rôle pour la juste cause du Tibet, comme n’importe lequel d’entre eux. Je suis sûr que tous comprendront progressivement mon intention, la soutiendront et la laisseront entrer en vigueur.

J’aimerais profiter de l’occasion pour rappeler la gentillesse des dirigeants de diverses nations éprises de la justice, des parlementaires, des intellectuels et des groupes de soutien au Tibet qui ont prouvé leur loyauté envers le peuple tibétain. Nous nous rappellerons particulièrement la gentillesse et le soutien substantiel du peuple et du gouvernement indiens ainsi que ses états fédérés. Nous les remercions pour leur aide généreuse à la préservation et à la promotion de la religion et de la culture tibétaines et pour leur contribution au bien-être des Tibétains en exil. Je leur adresse à tous ma plus profonde gratitude.

Avec toutes mes prières pour le bien-être et le bonheur de tous les êtres.

Dharamsala, le 10 mars 2011

 

Discours de M. Kèlsang Gyaltsèn au Parlement européen, Bruxelles, le 16 mars 2011

Le cinquante deuxième anniversaire du soulèvement tibétain :une raison commune pour le Tibet et la Chine

Une déclaration préparée et prononcée par M. Kèlsang Gyaltsèn, Représentant de Sa Sainteté le Dalaï Lama
Source : http://www.tibet-envoy.eu/files/Kelsang_Gyaltsen_EP_2011.pdf

M. le Président, membres honorables du Parlement, Mesdames et Messieurs, je souhaite exprimer ma reconnaissance et ma gratitude envers le Parlement Européen pour son constant soutien de principe à la juste cause du Tibet et à la lutte non-violente pour la liberté du peuple tibétain. Je vous remercie d'avoir convoqué cette importante et opportune conférence pour commémorer le 52ème anniversaire du soulèvement national du peuple tibétain à Lhassa en mars 1959.

Pendant ces dernières cinquante deux années, le Tibet a été sous le contrôle total du Gouvernement de la République Populaire de Chine. L'immense destruction et les souffrances humaines infligées à la population du Tibet sont aujourd'hui bien connues et je ne souhaite pas m'étendre sur ces évènements tristes et douloureux. Actuellement, le Tibet continue d'être un pays occupé, opprimé par la force et effrayé par la souffrance. En dépit d'un peu de développement et de quelques progrès économiques, le Tibet continue à faire face à des problèmes fondamentaux de survie. De graves violations des droits de l'Homme se sont répandues dans tout le Tibet, et sont souvent le résultat d'une politique de discrimination raciale et culturelle. Pour autant, elles ne sont que les symptômes et les conséquences d'un problème plus profond. Les autorités chinoises voient en la particularité culturelle et religieuse du Tibet, la source d'une menace de séparatisme. En conséquence d'une politique délibérée imposée, un peuple entier avec sa spécificité culturelle et identitaire doit faire face à une menace d'extinction.

Sa Sainteté le Dalaï Lama a toujours cru que la plupart des conflits humains peuvent se résoudre à travers un dialogue sincère, conduit dans un esprit d'ouverture et de réconciliation. C'est pourquoi il a systématiquement préconisé une solution à la question du Tibet par la non-violence et le dialogue. Dès le début de l'invasion du Tibet, Sa Sainteté essaya de travailler avec les autorités chinoises pour arriver à une coexistence pacifique et mutuellement acceptable. Même lorsque le soi-disant Accord en dix-sept points pour la libération pacifique du Tibet lui fut soumis de force, il essaya de travailler avec les autorités chinoises. Après tout, par cet Accord, le gouvernement chinois reconnaissait la spécificité et l'autonomie du Tibet et s'engageait à ne pas imposer son système sur le Tibet sans l'accord des Tibétains. Néanmoins, en violation de cet Accord, les autorités chinoises ont imposé de force aux Tibétains leur idéologie rigide et étrangère et montré peu de respect pour la culture, la religion et la façon de vivre singulières du peuple tibétain. En désespoir de cause, le peuple tibétain se souleva contre les Chinois. Finalement, en 1959, Sa Sainteté le Dalaï Lama du s'enfuir du Tibet afin de continuer à servir le peuple tibétain.

Sa Sainteté le Dalaï Lama a conduit la lutte pour la liberté des Tibétains sur la voie de la non-violence et a systématiquement cherché à parvenir à une solution consensuelle à la question tibétaine au travers de négociations. Dans cet esprit, en 1998, à Strasbourg, en ce Parlement, Sa Sainteté le Dalaï Lama a présenté un projet officiel de négociations. Le Parlement Européen comme lieu de présentation de ses idées a été un choix délibéré pour souligner qu'une véritable union ne peut naître volontairement que lorsqu'il existe un respect mutuel et des bienfaits satisfaisants pour toutes les parties concernées. Sa Sainteté le Dalaï Lama voit en l'Union Européenne un exemple clair et inspirant de cette démarche.

Avec cette proposition, Sa Sainteté le Dalaï Lama a démontré sa volonté de ne pas chercher à résoudre le problème du Tibet par l'indépendance. L'esprit qui anime la Proposition de Strasbourg est la recherche d'une solution mutuellement acceptable par le biais de négociations animées par l'esprit de réconciliation et de compromis. Cette démarche est depuis connue comme étant " L'Approche de la voie médiane " de Sa Sainteté le Dalaï Lama.

Sa Sainteté le Dalaï Lama n'a pas ménagé ses efforts pour établir le contact avec le gouvernement chinois. De plus, avec le temps, le gouvernement tibétain en exil a redéfini quelques points de la Proposition de Strasbourg dans l'esprit de " L'Approche de la Voie Médiane ". Un nombre d'éléments de cette Proposition ont été supprimés pour se conformer aux réalités politiques existantes dans la RPC. Sa Sainteté le Dalaï Lama et le gouvernement tibétain en exil ont pris la décision courageuse de prôner une autonomie véritable pour le peuple tibétain dans le cadre constitutionnel de la RPC qui assure les besoins fondamentaux du peuple tibétain en préservant la singularité de sa culture, sa langue, sa religion et de son identité, ainsi que le fragile environnement naturel du plateau tibétain.

En 2002, quand le contact direct avec le gouvernement chinois fut rétablit, le gouvernement tibétain en exil avait déjà clairement formulé son approche dans le cadre du processus de dialogue. Le côté tibétain n'avait qu'un seul ordre du jour dans les discussions. Ce seul ordre du jour étant la recherche de l'autonomie véritable ou significative du peuple tibétain sous une administration unique dans le cadre constitutionnel de la RPC.

J'ai l'honneur de servir comme l'un des représentants de Sa Sainteté le Dalaï Lama ayant la responsabilité de conduire ces discussions. Depuis 2002, nous avons engagé neuf cycles de négociations ainsi qu'une réunion informelle avec nos interlocuteurs chinois.

Dès le premier cycle de discussion en 2002, nous avons proposé que chacune des parties mette en action des mesures aidant à instaurer la confiance et l'assurance dans nos relations. De notre côté, nous avons immédiatement mis en oeuvre un nombre de mesures afin de construire cette confiance. Nous avons également demandé au gouvernement chinois de faire un geste de bonne volonté en arrêtant les dénonciations et en suspendant les interdictions pour possession de photographies de Sa Sainteté le Dalaï Lama. Nous avons aussi proposé d'élargir nos contacts en permettant aux Tibétains qui vivent en exil de rencontrer ceux du Tibet et de permettre des échanges institutionnels d'universitaires et d'experts académiques, culturels et religieux dans la RPC et dans la communauté de réfugiés tibétains. Dès lors qu'une trop grande différence entre les deux parties sur un bon nombre de sujets, dont certains fondamentaux, devint évidente, nous proposâmes de nous concentrer tout d'abord sur les questions où les deux parties avaient un intérêt commun à coopérer et d'accroître le nombre de réunions jusqu'à deux à trois fois par an. En outre, dès le tout début de nos contacts, nous avons écrit au Président Jiang Zemin, en expliquant que notre mission était d'arriver à un face à face entre Sa Sainteté le Dalaï Lama et le gouvernement chinois. Une telle discussion au sommet a le potentiel de produire une percée en ouvrant un nouveau chapitre dans les rapports entre les peuples tibétains et chinois. En conséquence, dans tous les cycles de discussions, nous avons soulevé cet aspect encore et encore.

A notre grand désespoir, aucune de nos suggestions et propositions n'a été retenue ou acceptée par le côté chinois. Nos interlocuteurs chinois n'ont pas répondu à chacune de nos initiatives visant à construire la confiance, ni présenté leurs propres suggestions ou propositions pour aller de l'avant. Depuis le commencement de ce dialogue en 2002, le côté chinois a adopté une position de non reconnaissance, de non réciprocité, de non engagement, de non concession et de non compromis. Bien qu'ils continuent à déclarer ces jours-ci encore que la porte du dialogue est ouverte, les négociateurs poursuivent cependant en réalité une stratégie visant à éviter tout progrès, toute décision ou engagement. Ce manque de volonté politique du gouvernement chinois a été clairement démontré lors du huitième cycle de négociations engagé en novembre 2008.

En juillet 2008, au cours du septième cycle de négociations, le gouvernement chinois nous a ouvertement invité à présenter nos positions sur le degré ou la forme d'autonomie recherchés. En conséquence, le 31 octobre 2008, nous lui avons présenté notre Mémorandum sur l'Autonomie Véritable du Peuple Tibétain. Notre mémorandum montre en détail que les besoins spécifiques du peuple tibétain pour un gouvernement autonome peuvent être satisfaits par l'application des principes d'autonomie contenus dans la Constitution de la RPC.

Malheureusement, le côté chinois a rejeté catégoriquement notre mémorandum dans son intégralité, le qualifiant de demande de " semi indépendance " et " d'indépendance déguisée ". A un moment de notre discussion, le Vice-Ministre exécutif chinois Zhou Weiqun déclara que " même le titre de mémorandum est inacceptable. Combien de fois avons-nous besoin de dire que le Dalaï Lama n'a aucun droit de s'exprimer sur la situation au Tibet ou au nom du peuple tibétain ? ". Quand nous lui avons demandé pourquoi, en premier lieu, il nous avait invité à présenter nos points de vue sur l'autonomie, il répondit : " C'était un test pour voir jusqu'où vous aviez compris la position et la politique du Gouvernement Central. Et vous avez misérablement échoué à cet examen. "

Le dernier cycle de négociations s'est déroulé il y a déjà un peu plus d'un an, fin janvier 2010. A maintes reprises, nous avons exhorté nos interlocuteurs chinois à nous rencontrer le plus tôt possible. Malheureusement, il n'y a eu aucune réponse positive de Beijing jusqu'à ce jour.

Depuis 2002, le dialogue sino-tibétain démontre clairement que nous, les Tibétains, n'avons toujours pas un partenaire sincère et volontaire pour un dialogue honnête. C'est dans ce contexte que cette conférence est très importante. Le gouvernement chinois doit réaliser que la question du Tibet ne peut pas être supprimée ou être passée sous silence tant qu'elle n'est pas abordée correctement et résolue. Ce qui est nécessaire, c'est un message fort et uniforme des membres de la communauté internationale au sujet de la question du Tibet. L'opinion mondiale est loin d'être négligeable pour le gouvernement chinois.

Nous, Tibétains, avons besoin de vous. Avant tout pour ouvrir le Tibet au reste du monde afin que les autorités et les forces de sécurité chinoises n'aient plus la main libre sur lui. La présence internationale aura une influence de restriction sur les autorités et les forces de sécurité, et dès lors procurera une forme de protection aux Tibétains captifs à l'intérieur du Tibet. En définitive, nous Tibétains, avons besoin de l'autre côté de la table des négociations, d'un partenaire qui désire s'engager dans un dialogue honnête dans le but de trouver une solution loyale, juste et mutuellement acceptable sur la question du Tibet. Dans ce monde aujourd'hui grandement interdépendant, ce n'est pas dans les seules mains des dirigeants chinois que le peuple Tibétain pourra, soit jouir de la vie dans la liberté et la dignité dans le futur, soit sera contraint de vivre sous la répression brutale perpétuelle. Les politiques de l'Union Européenne concernant la cause du Tibet et la Chine doivent peser autant que possible sur la résolution de cette tragédie. Dans ce contexte, je souhaite à nouveau exprimer notre profonde gratitude au Parlement Européen pour, immanquablement, prendre la tête de la promotion d'une résolution pacifique à la question du Tibet.

Merci beaucoup.

Traduction en français revue par le Bureau du Tibet, Paris.


Appel du 15 avril 2011 de Sa Sainteté le Dalaï Lama
Source : dalailama.com/news/post/663-appeal-by-hh-the-dalai-lama

La situation qui prévaut actuellement au monastère Kirti de Ngaba, dans le nord-est du Tibet est très sombre en raison de la confrontation entre les forces militaires chinoises et les Tibétains locaux. Le monastère, qui loge environ 2.500 moines, est complètement encerclée par les forces armées chinoises, qui son sur le point d’empêcher l’alimentation vitale et les autres fournitures d'entrer dans l'enceinte monastique.

Les Tibétains locaux, craignant que ce siège de monastère Kirti soit un prélude à la détention à grande échelle des moines, ont encerclé les soldats qui font le blocus du monastère et ont encombré les routes de manière à empêcher les camions et les véhicules chinois à entrer ou sortir de Kirti.

Le blocus chinois local de monastère Kirti a commencé le 16 mars 2011, quand un jeune moine tibétain du monastère s’est tragiquement immolé pour marquer le troisième anniversaire des manifestations pacifiques généralisées qui ont secouées le Tibet en 2008. Au lieu d’éteindre le feu, la police a battu le jeune moine, ce qui a été l'une des causes de sa mort tragique. Ces agissements ont créé un ressentiment considérable parmi les moines, qui a abouti à ce blocus massif de monastère Kirti.

Je suis très préoccupé par cette situation qui, si on la laisse aller, peut devenir explosive, avec des conséquences catastrophiques pour les Tibétains de Ngaba.

Compte tenu de cela, j'exhorte les moines et les laïcs tibétains de la région à ne rien faire qui puisse être utilisé comme un prétexte par les autorités locales à exercer une répression massive sur eux.

J'urge aussi instamment la communauté internationale, les gouvernements du monde entier, et les organisations internationales non gouvernementales, de persuader les autorités chinoises à faire preuve de retenue dans le traitement de cette situation.

Au cours de six dernières décennies, l’utilisation la force comme principal moyen de traiter les problèmes au Tibet n'a fait que renforcer les griefs et le ressentiment du peuple tibétain. Je lance donc un appel aux dirigeants chinois à adopter une approche réaliste et de répondre aux griefs légitimes des Tibétains avec courage et sagesse et à s'abstenir de recourir à la force dans le traitement de cette situation.

Résolution du Parlement européen le jeudi 7 avril 2011

TEXTES ADOPTÉS au cours de la séance du jeudi 7 avril 2011

P7_TA-PROV(2011)0158
lnterdiction de l'élection du gouvernement tibétain en exil au Népal
Résolution du Parlement européen du 7 avril 2011 sur l'interdiction de l'élection du gouvernement tibétain en exil au Népal
Le Parlement européen,
- vu sa résolution du 17 juin 2010 sur la situation au Népal et sa résolution du 26 octobre 2006 sur le Tibet ,
- vu la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée en 1948,
- vu le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966,
- vu la déclaration du Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, du 29 mai 2010 sur la situation politique au Népal,
- vu l'article 122, paragraphe 5, de son règlement,
A. considérant que l'occupation du Tibet par la République populaire de Chine empêche les Tibétains d'élire de manière démocratique leurs représentants sur le territoire du Tibet,
B. considérant que plus de 82 000 Tibétains exilés à travers le monde ont été invités à voter le 20 mars 2011 pour élire le nouveau Kalon Tripa, ou premier ministre, du gouvernement tibétain en exil,
C. considérant que plusieurs milliers de Tibétains présents au Népal n'ont pas obtenu l'autorisation de voter des autorités de Katmandou, qui sont soumises à une pression croissante de la part gouvernement chinois,
D. considérant que, lors d'un précédent tour d'élections, qui avait eu lieu au Népal le 3 octobre 2010, la police de Katmandou avait confisqué les urnes et fermé les centres de vote de la communauté tibétaine,
E. considérant que, le 10 mars 2011, le Dalaï Lama a annoncé qu'il renoncerait officiellement à son rôle de dirigeant politique au sein du gouvernement tibétain en exil, qui est établi à Dharamsala, en Inde, dans l'objectif de renforcer la structure démocratique du mouvement tibétain à la veille des élections qui devaient élire une nouvelle génération de dirigeants politiques tibétains,
F. considérant que le gouvernement népalais a déclaré que les manifestations de Tibétains violent la politique d'"une seule Chine", qu'il a réitéré son engagement à interdire les manifestations contre Pékin sur son territoire et qu'il a, par conséquent, décrété une interdiction générale de circulation des groupes de Tibétains pour tenter de ménager les autorités chinoises,
G. considérant qu'il a été reproché aux autorités népalaises, et en particulier à la police, d'avoir violé, de manière réitérée, les droits de l'homme fondamentaux tels que les libertés d'expression, de réunion et d'association des Tibétains se trouvant en exil au Népal; considérant que ces droits sont garantis pour toutes les personnes présentes au Népal par les conventions internationales des droits de l'homme auxquelles le pays est partie, y compris le Pacte international relatif aux droits civils et politiques,
H. considérant que la situation de nombreux réfugiés au Népal, notamment tibétains, s'avère préoccupante,
I. considérant que l'Union européenne a réaffirmé son engagement à soutenir une gouvernance démocratique et participative dans les relations extérieures de l'Union par l'adoption des conclusions du Conseil du 17 novembre 2009 sur le soutien à la démocratie dans le cadre des relations extérieures de l'Union,
1. souligne que le droit à participer à des élections démocratiques est un droit fondamental pour l'ensemble des citoyens, qui doit être respecté, protégé et garanti dans tout État démocratique;
2. demande au gouvernement népalais de respecter les droits démocratiques du peuple tibétain qui mène, depuis 1960, un processus électoral interne unique dans le but d'organiser des élections démocratiques et d'y participer;
3. insiste sur l'importance d'élections démocratiques pacifiques afin de renforcer et de préserver l'identité tibétaine à l'intérieur comme à l'extérieur du territoire tibétain;
4. invite instamment les autorités népalaises à respecter le droit des Tibétains du Népal à la liberté d'expression, de réunion et d'association, auquel peuvent prétendre toutes les personnes présentes sur le territoire népalais, en vertu des conventions internationales des droits de l'homme signées par le Népal;
5. demande aux autorités de mettre fin aux arrestations et aux restrictions préventives visant les manifestations et la liberté d'expression qui bafouent le droit légitime de s'exprimer et de se réunir de manière pacifique lors des rassemblements organisés dans le pays par la communauté tibétaine; demande instamment au gouvernement népalais d'inclure ces droits et d'assurer la liberté religieuse dans la nouvelle Constitution du Népal, qui devrait être promulguée le 28 mai 2011;
6. demande aux autorités népalaises de s'en tenir à leurs obligations internationales en matière de droits de l'homme ainsi qu'à leur propre législation dans leurs relations avec la communauté tibétaine; invite instamment le gouvernement à résister aux fortes pressions exercées par le gouvernement chinois, qui visent à réduire au silence la communauté tibétaine du Népal, notamment en imposant des restrictions non seulement infondées, mais également illégales du point de vue des droits national et international;
7. estime que la poursuite de la mise en œuvre pleine et entière de l'accord tacite sur les réfugiés tibétains par les autorités népalaises s'avère essentielle au maintien des contacts entre le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et les communautés tibétaines;
8. demande au Service européen pour l'action extérieure de suivre de près la situation politique au Népal, grâce à sa délégation à Katmandou, notamment en ce qui concerne le traitement des réfugiés et le respect de leurs droits consacrés par la Constitution et par des accords internationaux; invite instamment la haute représentante de l'Union européenne a exprimer aux autorités népalaises et chinoises les préoccupations suscitées par les actions du gouvernement népalais visant à bloquer les élections tibétaines;
9. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission, aux États membres, à la vice-présidente de la Commission et haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au gouvernement du Népal et au Secrétaire général des Nations unies.

 

 

 

Pour la première fois, une cour de justice reconnaît officiellement le Tibet en tant qu'état occupé : 21 avril 2011

http://www.sauvonsletibet.org/2011/04/pour-la-premiere-fois-une-cour-de.html

Selon le procès intenté pour génocide et autres crimes commis entre 1972 et 2004 (faits reconnus le 10 janvier 2005, et actuellement en cours d'investigation dans la phase sommaire) :

Dans sa décision du 30 mars 2011, l'audiencia nacional (la haute cour nationale) de la cour n°2 d'Espagne a accepté d'élargir sa classification et d'invoquer des crimes de guerre en considérant les faits dénoncés comme de véritables violations des conventions de Genève du 12 août 1949, selon les articles 608 et 611.5 du code criminel de l'Espagne.

En septembre 2010, en son propre nom ainsi qu'au nom des co plaignants – la Fundacion Casa del Tibet et Thubten Wangchen – le CAT (Comite de Apoyo al Tibet / Comité de Soutien au Tibet) a saisi la cour n°2 de l'audiencia nacional qui enquêtait sur l'affaire de génocide et autres crimes commis au Tibet, demandant que ces faits soient dénoncés et, après complète investigation, reconnus comme une grave violation de la convention de Genève, la quatrième en particulier.

Les allégations motivant une telle requête se fondent sur :

La reconnaissance du Tibet en tant qu'état occupé depuis 1950 (comme avéré dans le procès initial), qui rend illégal le transfert massif de population Chinoise (le pays occupant) au Tibet (le pays occupé), selon l'article 49 de la quatrième convention de Genève.

La référence à l'article 23.4 de la loi Espagnole de procédure judiciaire puisque, malgré l'application du principe de justice universelle se voyant réduite par la demande de rapprochement national, cette restriction ne peut s'appliquer que si ce n'est pas au détriment de ce qui est stipulé dans les conventions et traités internationaux signés par l'Espagne, donc, selon l'article 146 du traité susmentionné et ratifié par l'Espagne en 1952, les violations graves de la convention de Genève devraient être poursuivies, quelle que soit la nationalité des défendeurs.

La décision récente de la cour n°2 de l'audiencia nacional non seulement accepte les arguments du CAT pour ce qui est du transfert de population du pays occupant (la Chine) vers le pays occupé (le Tibet), mais se prononce dans les mêmes termes que ceux utilisés par le procureur dans son rapport, rapport que le juge cite en déclarant que l'investigation doit pouvoir aboutir à des crimes de guerre, comme cela est prévu dans la quatrième convention de Genève, et en accord avec les plaignants et la nature du procès.

On peut souligner que ni le juge ni le procureur ne jugent nécessaire la présence des quatre experts nationaux et internationaux proposés par le CAT pour étayer leurs arguments légaux, même s'ils leur accordent la possibilité de soumettre leurs données et rapports par écrit et ne rejettent pas l'idée d'une comparution ultérieure, en cas de procès.

Alan Cantos, directeur du CAT a déclaré : il est particulièrement satisfaisant de constater que certains juges et procureurs étudient encore les preuves et appliquent la loi sans céder aux pressions et aux intérêts de toutes sortes. La justice universelle devrait continuer à être universelle, ce qui est sa raison d'être, et non à la carte par des gouvernements soumis et des états puissants ou des entreprises utilisant un double langage dès lors qu'il s'agit d'appliquer la loi internationale.

De la même façon, lorsqu'on lui a demandé son avis sur la décision de la cour, le Dr José Elias Esteve Molto, vice président du CAT et auteur de la plainte en tant qu'avocat, a déclaré : cette décision légale montre l'interdépendance des droits de l'Homme, tout comme elle montre que les crimes internationaux commis au Tibet prennent racine dans l'occupation militaire du pays et sont infligés au peuple Tibétain à qui l'on refuse systématiquement le droit à l'autodétermination, pourtant reconnu par l'assemblée générale des nations unies en 1961.

En ce qui concerne la plainte pour crimes contre l'humanité commis à l'endroit du peuple Tibétain de 2006 à 2008 (affaire reconnue le 5 août 2008, puis classée en février 2010 par le juge Pedraz) :

Dans un article d'Europa Press, le CAT s'est récemment exprimé sur le fait que la cour suprême avait accordé aux plaignants la possibilité de faire appel à la suite du second procès pour crimes contre l'humanité commis au Tibet. Dans sa décision du 10 mars, la cour a autorisé les trois plaignants à contester les critères de la cour criminelle de l'audiencia nacional qui, non contente d'avoir entériné la clôture initiale des investigations par le juge Santiago Pedraz, avait essayé d'empêcher les plaignants de faire appel de la décision auprès de la cour suprême.

Les juristes du CAT sont en train de préparer l'appel à soumettre au jugement de la cour suprême, dans une ultime tentative d'empêcher la clôture définitive du deuxième procès.


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